Enchantée, azalée.
MON HISTOIRE
Depuis toujours, je marche aux côtés de la création. Elle m’a précédée, accompagnée, parfois attendue en silence.
À quatre ans, je savais déjà. Il n’y avait pas de doute, pas d’hésitation : je serais styliste. Je cousais comme on respire, instinctivement. Pour mes poupées, pour moi, pour mes amies. Mes mains savaient avant ma tête. Je ne projetais rien d’autre, je ne désirais rien d’autre. C’était mon chemin, j’en étais convaincue. La création faisait partie de mon paysage affectif.
Puis il y a eu les mots des autres. Ceux qui raisonnent, qui rassurent, qui brident. Les phrases bien intentionnées qui déplacent les rêves. On m’a découragée. On m’a expliqué la vie. J’ai rangé mes ambitions comme on range un tissu trop fragile. J’ai fait un bac commerce par dépit, alors que mon âme appelait les lettres, la poésie, les langues étrangères, la beauté des textes. On m’a dit : “ Il y aura toujours du travail dans le commerce.” J’ai écouté. J’ai obéi.
J’y ai excellé sans forcer. Une mémoire vive, auditive et visuelle, une facilité presque insolente. Je ne révisais pas, je comprenais. J’ai obtenu mon bac avec mention très bien. On m’a parlé d’HEC, d’avenir brillant, de logique toute tracée. Mais au fond de moi, une seule phrase revenait, obstinée : je veux faire de la mode.
Sans que je le sache encore, la photographie se glissait déjà dans ma vie. Au lycée, j’avais un appareil photo. Je photographiais mes amis, je mettais en scène leurs corps, leurs regards, leurs silences. J’organisais des séances dès que le temps me le permettait. J’avais créé une page Facebook, je faisais ça avec plaisir, sans réfléchir, sans nommer ce que je faisais vraiment.
Après le bac, j’ai intégré l’école MJM Graphic Design en stylisme-modélisme. Une année intense, dévorante, passionnée. Je travaillais jour et nuit, portée par une vision très claire de ce que je voulais raconter. Trop claire, peut-être. Mon univers dérangeait, ne rentrait pas dans les cases, ironique dans un métier d’art, de devoir rentrer dans des cases. Je me suis souvent sentie incomprise, rabaissée. À la fin de l’année, j’ai quitté l’école : trop chère, trop dure, trop éloignée de ce que je ressentais profondément.
À dix-neuf ans, j’ai créé ma marque de vêtements. Une aventure imparfaite & vivante. Elle fonctionnait plutôt bien. En parallèle, je travaillais en boutique pour tenir debout. Ce que je ne voyais pas encore, c’est que ce qui me faisait vibrer par-dessus tout, ce n’était pas le vêtement final, mais l’image. J’adorais imaginer les shootings, choisir les lieux, la lumière, l’atmosphère. Par manque de moyens, par nécessité, je faisais souvent les photos moi-même. Et là, sans le comprendre encore, je touchais quelque chose de juste.
Puis la fatigue est venue. Le trop-plein. J’ai choisi la sécurité. Le cadre. Les assurances. J’ai aimé ce travail un temps. Puis je l’ai détesté longtemps. Sept années à m’éloigner de moi-même. Jusqu’au burn-out. Jusqu’à la dépression post-partum. Jusqu’à ce moment où le corps et l’esprit n’acceptent plus de se taire.
C’est en Islande que tout s’est révélé. Là-bas, au milieu de nulle part. Entre montagnes brutes, silences immenses et paysages presque irréels. En marchant, en respirant, en parlant avec mon mari. L’évidence m’a frappée doucement, comme une vérité ancienne qu’on reconnaît enfin : je veux être photographe.
Je débute sans réellement débuter. Car la photographie n’est pas arrivée dans ma vie : elle y a toujours été. Au collège, je photographiais mes amies et la nature. Au lycée, j’organisais déjà des séances, parfois rémunérées. En études, l’image était centrale : je documentais tout. Je voyageais avec un objectif clair : créer de belles images. J’ai parcouru le monde pour ça, souvent seule. Plus tard, j’ai photographié ma marque, mes voyages, mes métamorphoses.
La photographie était là, patiente, fidèle. Il m’a simplement fallu du temps pour comprendre qu’elle n’était pas un détour, mais la destination.
Aujourd’hui, je photographie comme j’ai toujours vécu : avec intuition, sensibilité et sincérité. Je cherche la poésie dans le réel, la douceur dans le vrai, la lumière dans les histoires humaines. Photographier, pour moi, c’est écouter. C’est ressentir. C’est donner une image à ce qui se vit à l’intérieur.
Au fait, " Saudade " est un mot portugais, désignant un sentiment de délicieuse nostalgie, de désir d'ailleurs et de bonheur imprécis, ainsi que de mélancolie mêlée de rêverie.
Je suis maman d’un petit garçon, qui rythme le quotidien et m’inspire beaucoup. Le voyage fait parti de ma vie autant que le fait de rester à la maison.
Je regarde quoi à la TV ?
Suits, Friends, How I met your mother, Gilmore Girls. Mais je regarde aussi la Star Academy et mon plaisir coupable s’appelle Ici tout commence.
Je pourrais me nourrir exclusivement de pizza aux anchois, et de scones au cheddar.
Ce qu’il y a dans mes oreilles ? Un peu de tout, je suis très éclectique, et très influençable musicalement.
J’ai un Dalmatien de 11 ans, Lahly, qui m’a accompagnée un peu partout dans ma vie.
J’ai visité le Royaume-Uni, le Portugal, la Suisse, l’Allemagne, l’Islande, Bali, la Grèce, l’Espagne, la Chine, l’Italie. Je rêve encore d’approfondir le Royaume-Uni, d’aller au Canada dans la partie anglophone, de visiter les pays du Nord, d’aller en Écosse, de visiter la Nouvelle Orléans et de voir New-York.
Je voudrais vivre dans les Cotswolds, y avoir un cottage et potager gigantesque.
MON STYLE ?
Poétique, doux, vintage. J’aime l’argentique et j’applique cet amour sur mes photos numériques. J’aime jouer avec les différents plans, la lumière, j’adore shooter sous la brume que je trouve incroyablement poétique. J’aime toutes les saisons pour ce qu’elles sont indépendamment les unes des autres, belles à leur façon, avec leurs défauts et leurs beautés. J’aime le regard de l’amour, et l’idée de créer un souvenir, de figer un instant, pour toute une vie et comme héritage des prochaines.